VMC Double fluxVentilation mécanique contrôlée

Guide de la ventilation double flux

ventilation mécanique contrôlée

La ventilation d'un logement est souvent négligée, alors qu'une maison bien ventilée, c'est un air sain, pas d'humidité, un bâti qui vieillit bien, et une limitation des allergies et de l'asthme chez les personnes fragiles.

Pourquoi ventiler

Un logement produit en permanence de l'humidité, respiration, cuisine, douche, séchage du linge, et des polluants issus des matériaux, des produits d'entretien et des activités. Sans renouvellement d'air, l'humidité condense et les polluants s'accumulent.

Ventiler par simples aérateurs fait entrer de l'air froid désagréable en hiver et pousse à monter le thermostat, ce qui augmente la facture. Le même constat vaut en été, où l'air chaud entrant conduit à mettre en route la climatisation.

La ventilation mécanique contrôlée résout ce dilemme en organisant le renouvellement d'air plutôt qu'en le subissant. Elle est obligatoire dans les logements depuis les années soixante-dix.

Simple flux et double flux

La VMC simple flux extrait l'air vicié des pièces humides, cuisine, salle de bains, toilettes, par un ventilateur, et l'air neuf entre par des entrées d'air placées dans les menuiseries des pièces de vie.

Elle est simple, peu coûteuse et efficace. Sa limite est que l'air entrant est à la température extérieure : toute la chaleur de l'air extrait est perdue.

La version hygroréglable module les débits selon l'humidité, ce qui limite les pertes sans les supprimer.

La VMC double flux, elle, comporte deux réseaux : un pour extraire, un pour insuffler. Les deux flux se croisent dans un échangeur où l'air sortant cède sa chaleur à l'air entrant sans se mélanger à lui.

L'air neuf arrive donc préchauffé en hiver, et rafraîchi en été si un bypass n'est pas activé.

Rendement d'une VMC double flux

Les échangeurs récents récupèrent une part très importante de la chaleur de l'air extrait, les modèles performants dépassent 80 %, et les échangeurs à contre-courant font mieux que les échangeurs à flux croisés.

Ce rendement, annoncé sur la fiche technique, ne se retrouve dans le logement qu'à trois conditions : des réseaux courts, isolés et étanches ; un équilibrage correct des débits entre insufflation et extraction ; et des filtres propres.

Un rendement de 90 % sur un appareil mal posé se transforme en performance médiocre sur le terrain. C'est le principal écart entre les promesses et les résultats constatés.

Autres bénéfices d'une VMC double flux

La filtration de l'air entrant est le bénéfice le plus tangible au quotidien. Des filtres de classe adaptée retiennent une grande partie des pollens et des particules fines, un argument déterminant pour les personnes allergiques ou asthmatiques, et en milieu urbain.

Le confort acoustique : les entrées d'air en menuiserie de la simple flux laissent passer le bruit extérieur ; la double flux, sur un logement fermé, l'atténue.

Et l'absence de courants d'air froid, la diffusion se faisant par des bouches étudiées plutôt que par des ouvertures directes.

L'installation

C'est une installation plus lourde que celle d'une simple flux, et elle se conçoit avec le bâtiment lorsque c'est possible.

Le caisson se place dans un volume chauffé ou isolé, combles perdus non isolés à éviter, accessible pour l'entretien.

Les réseaux doivent être courts, rigides ou semi-rigides plutôt que flexibles, isolés sur les parcours en zone froide, et étanches. Les gaines souples écrasées ou en accordéon sont la cause la plus fréquente de sous-performance.

Un équilibrage des débits par un professionnel, mesure à l'appui, doit conclure le chantier. Sans lui, l'installation ne peut pas être considérée comme achevée.

Un bypass estival, qui court-circuite l'échangeur lorsque l'air extérieur est plus frais que l'air intérieur, est indispensable pour ne pas réchauffer le logement les nuits d'été.

En rénovation, le passage des réseaux est la principale difficulté : elle se résout par des faux plafonds, des combles, ou par des systèmes décentralisés pièce par pièce, moins performants mais bien plus simples à installer.

L'entretien

Il est indispensable et souvent négligé, alors qu'il conditionne à la fois la performance et la qualité de l'air.

Les filtres se contrôlent tous les 3 mois et se remplacent une à 2 fois par an selon l'environnement. Des filtres encrassés font chuter les débits et forcer le ventilateur.

Les bouches d'insufflation et d'extraction se nettoient une à 2 fois par an, sans modifier leur réglage.

Les réseaux se font inspecter et, si nécessaire, nettoyer tous les 5 à 10 ans.

Et l'évacuation des condensats doit rester libre : un siphon bouché ou asséché provoque des remontées et des débordements.

Coût d'une maison à énergie positive

L'investissement est nettement supérieur à celui d'une simple flux, appareil et réseaux compris, davantage encore en rénovation.

Le retour sur investissement se calcule honnêtement sur trois postes : l'économie de chauffage liée à la récupération, la consommation électrique des ventilateurs, permanente, et le coût des filtres et de l'entretien.

Il est d'autant plus favorable que le logement est étanche et bien isolé. Dans une passoire thermique, la double flux n'a guère de sens : les fuites d'air court-circuitent le système. Là encore, l'ordre compte, isoler, rendre étanche, puis ventiler.

Ressources utiles

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